Ton sourire timide flotte dans l’air et j’y repense comme à ces cerises de fin d’été. Rouges et charnues, elles sont pleines d’une vie qui a lentement gonflé au cœur du cerisier.
C’est la souplesse d’un jour dans la chorégraphie d’une vie.
Quand je pense à toi je te vois debout,
Je vois tes yeux précis, serrés sur la chorégraphie qui t’habite.
Chaque geste y répond, chaque souffle la prolonge.
Je vois ta jambe s’allonger, ton bras caresser l’air autour de toi.
Qu’il est précieux de t’avoir vu danser, un jour.
Je vois ton corps s’ouvrir, tes formes respirer.
Tu te gonfles et je palpite.
Je vois des idées prendre forme, je ressens ton élan comme s’il était le mien.
Je ne comprends plus, je consens.
Je te vois et je consens.
Je souris légèrement, ta jambe s’allonge à nouveau et tu t’envoles.
Tu es habillée mais ce que tu fais est nu.
Dans la guerre d’un jour, tu es le tocsin et la paix du soir.
Les pas se suivent sous ta voix.
Il fait beau avec toi.
Le bruit se tait, le son s’éteint
Le calme se répand et ne subsiste qu’un souvenir fragile.
Il ne flotte qu’à peine. Il disparaît sans bouger, comme un rêve le matin.
Il est parti
Tu l’as suivi je crois
Je pense à toi.