Sylve

Il n’y a que parmi les âmes les plus tristes
Que grandissent les désirs de monde abattu
Et le mouvement large des songes d’artiste
Sonne un cor qui prévient les forêts des battues.

Je suis dans la forêt, au milieu de son bruit,
Les troncs secs et grandioses me peuplent le cœur
Et leur mousse aérienne camoufle des puits
D’où semble provenir la sylvestre moiteur.

Il y a quelques cerfs et des milliers d’oiseaux
Dont le piaillement sourd accompagne les ailes
Dans un rythme où se noie le délicat ruisseau
Plein d’un brouillard confus de reflets d’hirondelles.

Et quand résonne enfin le hurlement du cor,
Cette corne creusée dans laquelle l’on crie,
C’est l’hiver qui s’abat sur le bois qui s’endort
Un silence profond, la plus longue des nuits.

Il est temps de partir, le dernier cerf est mort.
Les oiseaux éclaboussent le fleuve en tombant.
J’entends l’écho de pas, la présence de corps.
Le paradis s’éteint sous l’humain qui s’étend.

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