Va l’aiguille, va le temps sous l’œil du dépressif
Pour qui chaque seconde est un monde effacé.
Le chemin qu’il parcourt est peuplé de récifs
Qu’il enjambe sans foi par un soupir lassé.
Qu’il est gris son soleil, qu’il est froid son été
Sa viande et sa poussière ont la même texture
Personne ne pourra le forcer à manger !
Mais personne n’est là donc il mange, il perdure.
Il pourrait se forcer à sourire parfois,
À parler à ces gens qui sont heureux sans lui
À ces gens qui s’entraiment et jamais ne s’ennuient.
Il pourrait mais il craint qu’un éclat de sa joie
Ne vienne transpercer son soleil grisonnant
Alors il se remet à survivre en grognant
Contre la vie qu’il aime, la vie qui le tue.