La pluie au Bugue

Quand il pleut sur la ville, mon jardin se réveille. A l’abri chez moi, j’entends le crépitement de l’eau sur sa vie verte et essaye de distinguer la goutte qui tombe du ciel de celle qui tombe d’une fleur où elle faisait étape. Certaines plantes récoltent dans la coupelle de leurs feuilles un petit lac où les perles d’eau plongent et forment un miroir. Le poirier, juché sur son lourd pied massif, frappe de ses mille branches les dix-mille larmes pluviales, les brisant en plein vol ; les nuages n’en pleurent que davantage. Par moments, de brèves éclaircies laissent aux brins d’herbe le temps de se redresser, ils se délestent de leurs fards d’eau et moi, je bois mon thé.

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