Tout doit partir.

Ils ont épuisé la langue et je leur dis merci.
Notre époque a faussé jusqu’au rire des enfants
Je ne comprends rien plus et me laisse porter
Dans des bras musculeux vers un bas firmament.

Ils ont sali Notre-Dame et je leur dis bravo.
Des vaisseaux de fumée ont navigué l’azur
Les Français, soir venu, ont pleuré feu la Flèche
Et le reste a contemplé dans un bruit de tambours
La cendre tapisser les faubourgs de Paris.

Ils ont tué un homme et je leur dis pardon
Le cliché d’une tête a réveillé dans leur lit des somnambules éternels. Le pays s’agita. Une angoisse médiévale a parcouru les foyers ; les mains des hommes ont cherché des fourches. Un nom a claqué ses ailes putrides, des consonnes brenneuses en ponctuaient les voyelles détrempées. Enfin, des Justes l’abattirent. Du miel put couler sur nos corps qui avaient failli bondir, sur celui de Samuel Paty qui ne rêvera plus et tout fut absous dans une amnésie écœurante de plus. Jusqu’à ceux qui commirent le crime d’avoir eu peur d’eux.

Ils ont vidé ma vie pour que je la leur donne.

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