Je vois dans les années qui ont passé sans toi
Un enfant qui sanglote une maman qui dort
Au rythme chuchoté d’un vieux confiteor.
Je vois ces années comme un nouveau-né sans foi.
Dans un ciel de gelée, sous la coupole orange,
Étouffés par le vent qui circule si peu,
S’efforcent de voler des cormorans étranges,
Autour de l’enfant seul, mi-alcool fort, mi-feu.
Couronné de son ciel, il embaume le drame.
L’enfant-feu s’expose aux regards de ces dames
que le danger séduit mieux que l’amour paisible.
Dégagé du passé, démuni d’avenir,
Il affronte la vie dans un râle terrible
Où gronde le sang noir qui déferle et respire.